1. La réforme administrative et territoriale intervenue au débat de l’année 2002 (loi 2002-02 du 15 février 2002 complétée par le décret 2002 – 166 du 21 février 2002) a donné naissance à la région de Matam, la onzième du Sénégal.

2. Ainsi, et pour la première fois, cet espace géographique a été doté d’un conseil régional. A cette collectivité locale de portée régionale sont venues s’ajouter de nouvelles communes, encore très jeunes et dont les besoins en ressources humaines et financières sont énormes. Pour faire face à ces nouveaux et énormes défis une large union des fils de la région urgeait.


3.L’érection de Matam en Région fut l’occasion, tant attendue par certains ressortissants de ce terroir, de concrétiser leur rêve pour un véritable développement culturel, social et économique de cette partie du territoire national.


4.C’est dans ce contexte que fut décidé, à l’initiative de ressortissants de la région de Matam, la mise sur pied d’une organisation apolitique et laïque ayant pour objectifs d’assurer le plaidoyer, la facilitation et l’appui dans la conception et la réalisation de projets locaux de développement en faveur des populations du nouvel espace décentralisé : la Convergence pour le Développement de la Région de Matam (CODEREM).


5.La stratégie consistait à s’appuyer sur un pool «d’experts » multidisciplinaires, résolument engagés pour le seul intérêt des populations de la région de Matam et des sénégalais dans leur ensemble, en vue de promouvoir des projets de développement en partenariat avec les structures administratives décentralisées (en premier lieu le Conseil régional), les représentations politiques et d’autres organisations formelles ou informelles de la Région.

6. Sept ans après sa création la CODEREM a à son actif quelques réalisations parmi lesquelles:

a. La distribution de médicaments aux sinistrés des inondations de l’hivernage 2003.

b. La participation à la préparation des documents thématiques du Forum sur le Développement de Matam (FODEMA) de 2004.

c. L’octroi de prix et la participation à la cérémonie de distribution des prix aux élèves du Lycée de Matam en août 2004.

d. La prise en charge pendant 3 ans (2005-2008) de 11 élèves nécessiteux du Lycée de Matam.

e. La Co-organisation en novembre 2008 avec la Chambre de Commerce et des Métiers de Matam de la 2ème foire régionale de Matam.

f. L’organisation de dîners-débats et de conférences sur des questions d’intérêt régional axées sur les thèmes : Potentiel économique de la région, émigration, renaissance culturelle, développement agricole.

7. La CODEREM a en projets:

a. La création d’un centre régional d’accueil et de formation professionnelle ;

b. La mise en place d’un fonds de développement régional ;

c. Une télévision culturelle.

8. Plus de 8 ans après la régionalisation de Matam et 7 ans après la création de la CODEREM, les défis à relever restent encore énormes. Certes, il y a plus de lycées et collèges, plus de structures de santé et la plupart des services régionaux sont en place. Mais l’économie reste dominée par des activités majoritairement informelles, les infrastructures de transports sont dans un mauvais état, les terres irrigables ne sont pas pleinement exploitées (9.184 hectares aménagés sur 55.000 hectares irrigables), les jeunes continuent de rêver non pas de grands projets agricoles mais plutôt d’émigrer vers l’Europe et l’Amérique.

9. Pire, les conditions et qualités de certains services se dégradent continuellement: 

    1. La route nationale 2 (Dakar/Saint-Louis/Matam/Bakel) est dans un piteux état depuis plusieurs années tandis que la route Matam-Linguère peine à se concrétiser malgré les promesses et annonces répétées des autorités.
    2. Le transport fluvial, facteur d’intégration sous régional, pourtant un des volets de l’après barrages et fleuron du passé (120.000 tonnes en 1900), est quasi inexistant.
    3. Le transport aérien reste un rêve à long terme. L’aérodrome de Ourossogui est la seule infrastructure aéroportuaire de la région. Les vols sont rares et aléatoires. L’état latéritique de la piste est tel qu’elle n’est pas praticable après les pluies.
    4. La carte des infrastructures sanitaires de la région n’a pas évolué depuis 2006. un seul hôpital pour plus de 500.000 habitants est largement en dessous de la norme de l’OMS qui est de 1 hôpital pour 150.000 habitants. Le ratio médecin par habitants donne 1 médecin pour 29.164 habitants ce qui est encore largement en deçà de la norme internationale de 1 médecin pour 10.000 habitants. L’hôpital de Matam peine à voir le jour en dépit de l’intérêt de certains partenaires techniques et financiers.

10. Les besoins continuent de se faire sentir. 

    1. 49,3% des 40.000 ménages de la région sont pauvres, ceci malgré les transferts importants des émigrés(7.501.000.000 FCFA en 2009). Ce taux de pauvreté devrait même augmenter si l’on tient compte de la faiblesse de l’accès des populations aux soins de santé, la qualité de l’habitat ou encore de l’absence de perspectives claires en matière de promotion économique et sociale.
    2. Le tissu industriel est pratiquement inexistant dans la région de Matam. L’unité phare reste La Société d’Etude et de Recherche des Phosphates de Matam (SERPM) qui a sollicité une concession minière de 80 hectares sur le site de Ndendory. Pourtant, avec les potentialités de la région, les petites industries liées à l’agriculture et à l’élevage (rizeries, aliments de bétails, produits laitiers) qui sont en gestation dans la région pourraient bien se développer avec un minimum d’encadrement et surtout de désenclavement et d’équipement de la région.
    3. Avec 5 lycées et 3 CM qui abritent des classes du second cycle du secondaire, la région enregistre de plus en plus de bacheliers. Mais le niveau de pauvreté élevé des ménages de la région (plus de 49%) et les conditions d’accueil et d’hébergement de plus en plus difficiles dans les villes universitaires du pays rendent crucial le besoin d’une université régionale à Matam.

11. Face à ces défis les fils de Matam devraient pouvoir être les moteurs du développement de leur région en mobilisant les énormes potentialités de ce territoire : terres irrigables, cheptel important, des milliards de f CFA transférés annuellement par les émigrés, des ressources hydriques considérables, des ressortissants bien formés et disposant d’une expertise avérée, etc. 

12. La CODEREM entend jouer un rôle catalyseur dans le développement de la région en :

    1. Favorisant le rassemblement de tous les acteurs de la région autour d’une vision prospective, convergente et partagée ;
    2. Engageant la réflexion sur des stratégies de développement à long terme de la région
    3. Initiant des actions favorisant la mobilisation de l’épargne, l’investissement privé et public et la promotion de l’emploi ;
    4. Mettant l’expertise diversifiée de ses membres  à la disposition des collectivités locales, des opérateurs économiques et autres porteurs de projets.
    5. Renforçant le plaidoyer auprès des autorités centrales de l’Etat, des bailleurs et des représentations diplomatiques, dans la Diaspora de la Région de Matam à l’intérieur du Sénégal et surtout à l’étranger.

13. Conformément à sa mission, la CODEREM lance un appel à tous les fils, ressortissants et sympathisants de la région, à tous les acteurs politiques, économiques et sociaux de Matam pour une convergence des initiatives en vue d’un véritable développement de la région. Dans cet ordre d’idées invite les ministres, députés, sénateurs, leaders politiques, intellectuels, universitaires, opérateurs économiques, pasteurs, paysans, pêcheurs et tous les ressortissants de la région à un dîner débat qu’elle organisera prochainement sur le thème : Economiques de la Région de Matam: Rôles et Responsabilités des fils de la Région.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *